Monfils: "Malade, c'est plus dur..."... |
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Incapable de rivaliser ce lundi avec Roger Federer, Gaël Monfils n'était pas à 100% de ses moyens, diminué par une petite grippe. Ce qui lui fait dire qu'il a encore des choses à travailler en dehors des courts pour se rapprocher des meilleurs.
Gaël, que s’est-il passé aujourd’hui ?
Je suis malade. Aujourd’hui, contrairement à hier, je n’avais pas de fièvre mais j’étais sans énergie. J’ai passé une mauvaise nuit, je me suis levé pas mal de fois, j’étais bien "en eau". Le corps a trop travaillé dans la nuit. Résultat, j’étais mou, j’avais du mal à tenir le rythme, j’avais le nez bouché. "Rodge" a joué solide, pas de manière indécente, mais il a fait un bon match. Je n’avais pas l’énergie pour rivaliser avec lui. A 100%, ce n’est déjà pas évident contre lui alors quand on ne l’est pas…
Y a-t-il un sentiment de fatalité de votre part ?
Non, c’est le sport. Mais j’aimerais bien connaître le secret pour arriver comme une machine… Pour ne pas être blessé ou malade. Physiquement, je suis bien. Mais malade, c’est plus dur, forcément. Du coup, je me dis qu’il y a pas mal de choses sur lesquelles je dois encore progresser pour être au top. Et je le ferai. Je pense que je ne suis pas loin. Et ça me donne encore plus d’envie.
Dans quel domaine devez-vous encore progresser ?
Il y a l’alimentation, un domaine dans lequel j’ai déjà progressé. J’ai testé des nouvelles choses avec Gaëtan (Olivier, son préparateur physique, ndlr), je me suis senti mieux et je vais essayer de pousser un peu plus. Je l’ai fait 15 jours mais c’est chiant parce que j’aime bien me faire des petits plaisirs. Je vais essayer de les supprimer pour voir où ça peut me mener. Il y a aussi la gestion des choses simples : par exemple, c’est con, mais bien se vêtir en fonction du temps, ce que je ne fais pas toujours, parce que je veux être gentil et que je passe du temps par exemple à signer des autographes sans pull sur le dos. Je dois faire un peu plus attention à ces choses-là, simples mais importantes.
Avez-vous des exemples à suivre dans ce domaine ?
Les meilleurs, je ne les vois jamais malades ou blessés. Dans le Top 10, ils sont toujours bien. Et les quatre grands noms, c’est encore mieux. Ils font ce qu’il faut pour rester à 100% dans les Majeurs.
"Sur gazon, je fais un blocage"
Ce sont de petits détails mais le temps passe…
Il n’y a pas que ça. "Rodge" est aussi très fort, je n’ai pas perdu à cause de ça, ce n’est pas une excuse. Mais j’essaie de savoir comment être meilleur encore. Les années passent, c’est sûr. Ça ne me fait pas peur. Je suis lucide, les autres sont plus forts. Et si on ne gagne pas de Majeur, c’est parce que les autres sont meilleurs. Il n’y a pas de mystère. Ni poisse. Il faut travailler sur les détails. Ça parait con de dire qu’il faut mettre un manteau mais si c’est ça qui me permettra de l’accrocher un peu plus la prochaine fois et bien il faut le mettre ! Les années passent mais la maturité arrive aussi. On peut jouer au tennis longtemps, j’ai encore quelques années devant moi. J’ai pris du plomb dans la tête, je fais attention aux petites choses. Et je pense que ça va passer.
Place au gazon désormais. La tenue du quart de finale de Coupe Davis entre la France et la Grande-Bretagne sur herbe peut-il changer votre approche de cette surface, notamment en vue de Wimbledon ?
Sur gazon, je fais un blocage psychologique. J’ai du mal à me déplacer sur cette surface, à me sentir bien. Ça me demande beaucoup de temps d’adaptation. Et d’être toujours agressif, ce dont j’ai du mal parce que j’ai tendance, grâce à mes facilités physiques, à mettre la balle dans le terrain et à attendre la faute de l’autre quand ça va moins bien. Et sur gazon, c’est impossible. Donc ça m’enlève une arme de mon jeu et ça me procure du stress. Et puis, il faut le dire, j’ai aussi très peur de me blesser sur cette surface.
Donc la Coupe Davis n’y changera rien ?
Non. Le capitaine sait très bien que j’ai du mal avec le gazon. Je serai là pour l’équipe, peut-être dans les cinq parce que, sans prétention, je pense que j’apporte pas mal au groupe. Ça ne me dérange pas de venir, je me déchirerai pour les gars à l’entraînement. Et s’il y a un pépin, je serai là. Mais tout le monde sait que je ne serai pas un élément clé cette fois-ci. Après, je peux être un bon joker, sur un match, on ne sait jamais…
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