Tsonga: "68 courses, 68 sprints"... |
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Marcos Baghdatis avait un atelier technique jeudi contre Jo-Wilfried Tsonga, au deuxième tour de Roland-Garros: l'amortie ! Le Français, mené de deux manches, est resté lucide et a réussi à l'emporter (6-7, 3-6, 6-3, 6-2, 6-2).
Jo-Wilfried, vous aviez déjà battu Marcos Baghdatis six fois en autant de confrontations. Avez-vous souvenir qu’il ait eu à ce point recours à l’amortie ? Il en a fait 68 !
La dernière fois en Australie, oui, il l’avait déjà beaucoup utilisée. Mais c’était sur dur, donc un peu plus rapide. Le fait que moi, je ne joue pas très, très long, qu’il était dans le terrain, ça lui a donné l’occasion d’en faire encore plus… En deux sets gagnants, on y va. Mais quand il en fait 68, ça fait quand même 68 courses, 68 sprints ! Ça casse bien les jambes. Il l’a vraiment beaucoup, beaucoup, beaucoup fait dans le deuxième set, ça a bien fonctionné.
Sur la 40e ou la 50e, est-ce que ça ne casse pas un peu la tête ?
C’est lui qui s’est cassé la tête dans le filet (sourire) ! Non, je sais que c’est ma force, que je peux le faire. Certains joueurs sont très embêtés avec ça, ils s’épuisent à un moment. Je savais que si j’y étais, il serait embêté, mais il ne fallait pas que je rate… Après, j’étais dessus à chaque fois et j’anticipais, donc il a arrêté. Plus il le faisait, plus j’anticipais. Du coup, ses 40 premiers ont été judicieux, ceux d’après un peu moins.
C’est votre 100e victoire sur un tournoi du Grand Chelem. Pouvez-vous citer votre première, vos trois plus belles et aussi votre pire défaite ?
La première, je crois que c’est contre Julien Benneteau à Wimbledon. J’avais eu une wild-card après avoir gagné plusieurs Challengers d’affilée. Mes trois plus belles, c’est contre Rafael Nadal en demi-finales en Australie, contre Roger Federer à Wimbledon en quarts, et face à Nicolas Almagro en Australie en 2010. On était allés au bout, 9-7 au cinquième et c’était une belle bataille. Quant à ma pire défaite, je pourrais en citer plusieurs (rires). Il y a évidemment la finale en Australie, ce quart à Roland-Garros contre Novak Djokovic, encore, où j’ai quatre balles de match… Et je dirais aussi un huitième contre Mikhail Youzhny, toujours à Roland-Garros en 2010. J’étais un peu blessé, je pensais que ça passerait et finalement non. Je me suis fait siffler car j’avais abandonné dans le premier set.
"Pousser, pour voir s'il allait prendre le dessus"
Andy Murray disait mercredi qu’au meilleur des cinq manches, c’était souvent le mieux classé qui finissait par l’emporter. Etait-ce aussi une évidence pour vous, lorsque vous étiez mené deux sets à rien ? On vous a vu rester globalement très calme…
C’est le jeu qui veut ça. Dans ma tête, je me suis dit que je n’étais pas bien embarqué, mais qu’il fallait que je reste calme et serein. Un match de tennis, c’est très long, les rencontres au meilleur des cinq manches sont éprouvantes physiquement. Comme c’est un de mes points forts, je voulais continuer à jouer là-dessus, à travailler dur. C’était la seule chose à faire: pousser, pour voir s’il allait prendre le dessus ou non. J’ai eu peur, bien sûr, mais je ne voulais rien montrer. Je me suis dit qu’à un moment donné, si je le faisais travailler et travailler, il lâcherait. C’est plus ou moins ce qu’il s’est passé.
Vous allez affronter Ernests Gulbis. Son jeu vous convient-il ?
J’ai su le battre, mais lui aussi. Ça dépend des jours, pour nous deux d’ailleurs… Il est très puissant, on le qualifie de fantasque mais il ne l’est pas tant que ça. C’est très bien qu’il y ait une multitude de personnalités dans le tennis, les gens s’identifient énormément et c’est important qu’il y en ait pour tout le monde. Il a fait demies à Roland-Garros il y a deux ans en battant "Rodgeur", c’est un très sérieux client. Je sais qu’il a des passages à vide durant l’année, mais quand il y est, il y est pour de vrai, il est capable de battre énormément de monde ! Là, on dirait qu’il est en train de retrouver un beau tennis… Lors de notre dernier affrontement, il m’a battu à Marseille en faisant un énorme match. Je m’attends à ça.
C’est la troisième fois de votre carrière que vous gagnez après être mené de deux sets, la première à Roland-Garros. La dernière, c’était bien sûr contre "Rodgeur" à Wimbledon. Y avez-vous pensé ?
Non. La seule chose à faire, c’était de travailler et revenir. Je n’avais juste pas envie de quitter le tournoi. Quant à celle-là, c’est toujours marquant, ça a duré plus de trois heures. C’est pour ça qu’on s’entraîne très, très dur. Parfois, en trois sets, on n’est pas si fatigué que ça, le tennis n’est pas toujours physique. Ça peut aussi être technique, tactique, mental ou autre… Là, c’était aussi l’occasion de me rassurer encore plus au niveau physique. Ce n’est pas parce que j’ai été blessé que tout ce que j’ai fait sur ces six derniers mois est parti en fumée.
Newsweb